Les spreads de crédit pour les entreprises technologiques engagées dans l'intelligence artificielle s'élargissent, indiquant que les investisseurs perçoivent un risque de défaut plus élevé et exigent des rendements plus importants sur la dette des entreprises.
Cette tendance est particulièrement préoccupante pour les néo-clouds, qui sont des constructeurs d'infrastructures technologiques avec des niveaux d'endettement significatifs. Par exemple, CoreWeave a un ratio d'endettement de 739, tandis que Nebius et Applied Digital affichent également des ratios élevés de 131 et 172, respectivement.
En revanche, les grandes entreprises de cloud comme Alphabet, Amazon et Microsoft maintiennent des ratios d'endettement beaucoup plus bas de 18, 51 et 30, respectivement. Les analystes de Mizuho ont tiré la sonnette d'alarme sur le potentiel de flux de trésorerie négatifs parmi les néo-clouds, ce qui pourrait aggraver l'élargissement des spreads.
L'économiste en chef d'Apollo Global Management, Torsten Slok, a noté que les swaps de défaut de crédit pour Oracle sont à des niveaux non vus depuis 2008, soulignant les préoccupations croissantes concernant la qualité du crédit.
Alors que les spreads de crédit des entreprises devraient continuer à s'élargir jusqu'en 2027, Matthew Mish de UBS a averti que les rendements du crédit pourraient ne pas justifier les risques encourus.
La dépendance du secteur technologique à des méthodes de financement non traditionnelles et à des investissements circulaires pourrait soit atténuer, soit aggraver l'impact de l'augmentation des coûts de la dette.
La Banque des règlements internationaux a averti qu'une dette excessive et un financement circulaire pourraient conduire à un effondrement financier, l'overinvestment dans le secteur étant estimé à 1,5 fois ce qui est nécessaire. Cette situation précaire soulève des inquiétudes concernant la qualité du crédit des entreprises concurrentes, comme l'a souligné Dan Alpert de Westwood Capital.